30.10.2008

T-REve

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Ce soir, je retire au rêve un peu de ses tripes, un peu de sa sève. Un ennui de bourgeois, le rêve ! Une abstraction ! Une solitude de trop...

 

Il en est qui ne savent pas faire pleurer leurs métaphores, qui n’ont même pas la main des illusions pour caresser demain. Pas même la poussière d’une lointaine joie pour l’espoir d’un poème.

Il en est qui ne connaissent que l’urgence de vivre. La précipitation des jours sans qu’à deux, un beau jour, l’horizon. Dans les bras d’un être, se sentir aimé du levant.

Il en est qui courent pour raccommoder leurs jours, qui tissent des bouts de chagrin autour des sourires survivants.

 

Ce soir, je garde mon rêve au fond de ma poche, au cas où l’homme au coin de la rue, m’en fasse l’aumône. Un peu de mes tripes. Un peu de ma sève.

14.12.2007

Des mots de déluges

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Il y a des êtres que rien ne délivre. Si tôt parfois. Sur leurs jours, il n’y a ni ombre, ni silhouette, ni brumes écarlates, les saisons passent, les âges s’engendrent, peu importe, ils sont vieux avant que d’être. 14 ans. Ce garçon a les plus beaux yeux qui soient. Du bleu cintré de noir. La rive de deux océans rejoints. Ce garçon a le regard le plus désert qui soit. Désert de soi. Et moi de lui dire : Autorises-toi à être…  Comme si d'être s’autorisait comme on se permet de rire...
J’imagine des mots derrières ses pupilles. Des mots tus, un langage cousu. Ne rien bâtir pour ne rien perdre. Ne rien élever pour qu’aucune chute… Des mots de déluge.
Autorises-toi à être...
Il a souri, tendre compassion. C’était lui, dans ce silence, qui me plaignait : d’avoir pu croire à la justice, d’avoir pu croire en lui, au renversement des vies. Je lui parlais d’avenir quand il s'enlisait pieds joints dans mon instant, quand sa pluie venait de trop loin pour se retrouver dans mes larmes. Il a souri, derrière la façade, un mur s’écroulait. Celui de mes rêves attardés.
Non, il ne pense pas aux lois, non il ne sait pas demain. Il coule comme l’eau dans les rigoles du temps. Il ne fuit ni ne s’encre. Son immobilité flotte. Rien de lui, en lui, qui ne l’anime. Rien de lui, en lui, qui ne l’aime.
Sinon moi.

28.09.2007

Marges bis

C’est dans la marge qu’est le sens.
La marge des mots, la marge des hommes.
A l’écart des blocs, des lignes trop droites, des écritures à la règle, des vies d’équerre.
C’est au bord, la réflexion. Dans la distance des normes. Dans l’éloignement de l’acquis. Le réajustement de soi.
La marge des hommes parle de masures effondrées, de ruines et de tristesses déminées. A peine parle-t-elle. On l’invite à se taire. Elle se terre, silhouette désidérée des mondes modernes. Elle effraie, anonyme. Elle alarme, étrangère. Elle apeure, refoulée.
La marge des hommes parle du cœur de l’humanité. De sa douleur de vivre quand il faut mourir. De ces pulsions de mort quand il faut encore vivre. De sa rage, de sa violence, de son errance. De l’exclu qui pleure en chacun de nous. De l’isolé soleil qui brille malgré tout.

C’est dans la marge qu’est le sourire.
La marge des mots, la marge des hommes.
Reconnaître ce silence pour qu’entre la parole. Sonder les contours des apparences pour que vivent nos ombres.
L’ironie de notre misère nous apprendra à renaître.

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05.05.2007

Demain Trop Tard

Allons-nous, demain encore
Faire reculer l'homme
Borgne, piétiner le corps
Qui derrière lui,
Peut-être,
Implore ?

Allons-nous, demain encore,
Nous interdire la liberté
La laisser gémir
Dans quelques tranchées
La regarder pleurer
Dans d’autres désirs ?

Allons-nous, demain encore
Décimer le sens
Et séduire l’ordre
Choisir la fiabilité des déserts
Contre la soif, insondable,
De nos feux ?

Ils viendront,
Nous ne dirons rien
Ils brimeront
Nous ne dirons rien
Ils dépouilleront
Nous ne dirons rien
Ils emporteront dans leurs lendemains
Les dernières épaves d’un langage
Le soupir d'une soumission

Les ruines d'un courage

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Quand même se taire ne vaudra plus l’or d’un silence