13.07.2008
Comme des îles
Ceux qui s’aiment sont des îles. Des petits bouts de terre cernés de bleu.
Un regard suffit, tendre et futile, à exister. Un regard suffit à rendre la foi. Se sentir vivant. Humain.
Tes yeux suffisent à m’exister. A me rendre mes églises, mes jardins, mes sommets, les paysages de mon cœur qui bat et mes dunes d’enfance.
Tes yeux suffisent à me rendre capable de deux mains.
Mon instant,
Mon bel instant fragile
Mon toi. Mon intime. Ma proche île.
Il me semble qu’à t’imaginer le jour devient moins soluble. Qu’à te connaître mon monde gagne en clartés.
J’ai toujours à fleur de peau la parole muette de ton parfum, passagère d’ocre et de sable qui dessine des exils sur le corps frileux de notre histoire.
Ceux qui s’aiment sont des îles qu’un regard suffit à amarrer. Et ils dérangent, et ils troublent les surfaces paisibles des hommes. Et peuplent les déserts de certitudes. Et fondent l’ignorance de tout dans la connaissance de l’autre. Echangent leurs solitudes comme les enfants pactisent avec leur sang.
Ceux qui s’aiment sont des îles. Des territoires séparés de l’humanité.
Il y a dans ceux qui s’aiment l’attente des désireux, l’insoumission des révoltes et le silence des amertumes.
Les amoureux ne pressent pas le pas. Ni le dire. Ni le vivre.
Comme des enfants, gardiens d’éternité.
Perdus peut-être. Mais vivants. Comme les îles.
10:55 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
09.07.2008
Dé Cousue

Ce qu'on peut passer de temps
Avant de se voir pour la première fois
S’observent et s’affrontent
Les visages de nos époques
Se font face
Duel douloureux d'heures transparentes
On se coltine sa question
On paie l’addition
Cette dette diffuse
De soi à soi
Débitrice et créancière
Je cherche à déchiffrer l’étoffe des jours
Echouée sur les lèvres des autres, ma vérité
Un rêves caché dans un sommeil d’enfant. Le livre tu de l’espoir.
Le dû d’imaginaire.
"Peur que mon pays soit la vie."
Bien sûr le doute
Bien-sûr l’envie
L’issue.
Demain, peut-être, Ecrire me disais-je.
14:54 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.06.2008
Territoires d’eaux
15:35 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.06.2008
J'ai peur
J’ai peur.
J’ai peur de me perdre en route. Pire, de me découvrir. D’ôter le draps.
J’ai peur du sarcasme des décideurs. Du savoir des technocrates.
Des armes de ceux qui gardent la paix.
J’ai peur d’un monde sans émotion, sans autre et sans symbole. D’un monde sans nom.
Sans non.
J’ai peur des uniformes et des blasons. Et du bien, et du vrai. De la transparence des concepts. Vitres de sens. Vides.
J’ai peur des fois sans loi.
Des certitudes. Des croyances. De l’humanité encline à se leurrer. De la peur fondue dans le don. J’ai peur des hommes qu’ils portent collerette ou drapeaux noirs. Qui croient trop en Dieu. Qui croient trop en eux..
J’ai peur que la croyance de l’autre n’envahisse la mienne.
J’ai peur des lois sans foi. Des cuirassés qui gardent les portes de nos luttes. Du pouvoir de l’hirondelle sur la colombe.
De ceux qui se battent sans débattre. J’ai peur des hommes qui ne sont pas là pour parler. Du mutisme qui suffit à expliquer le drame. La folie.
Obéir plutôt que dire.
J’ai peur des foules qui allient leurs désespoirs. Du passage : du silence à l’acte.
J’ai peur de devoir être moi dans ces contradictions. Comme une enfant. Une toute petite chose. Nous ne sommes adultes qu’un temps sur deux.
J’ai peur d’être homme.
De me taire et de capituler.
Mais j'ai peur de ceux que nous serions si nous n’avions pas peur.
Et je veux de toutes mes terreurs être la femme que je deviens.

10:21 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
12.05.2008
Tout semble si loin
Attendre, c’est finir.
Et recommencer de finir, sans cesse.
On n’arrive jamais au bout de l’attente. De son terme naît l’impossible. Le chaos. Vide inconsidéré des hommes.
Avant l’attente, il y aurait le début de l’histoire, par où commence le monde.
Le sentiment d’avoir vécu est rare. Et éphémère. Et vaporeux.
Bref comme un parfum qui passe, comme un regard sans promesse.
Et les paysages s’encrent dans les débris de nos miroirs…
Tout semble si loin.
Nous. Eux. La ville. L’œuvre.
Tout erre dans la marge du texte. Les visages, les lieux, l’écorce, le limon du vivre.
Il faut trouver l’endroit du silence qui console les chairs. Ce tout petit brin de lien, ce fil usé qu’on nomme mémoire.
Je ne sais pas écouter l’instant qui vient. Déjà, je le conçois, je le rêve et je l’ampute. J’arrache au jour ses ailes de libellule.
J’aguiche l’impossible. Tandis que mes pieds restent soudés à cette réalité passable, je jette mes yeux dans l’imprenable.
Tout semble si loin.
Je pense à notre lutte. Un convoi d’idéaux qui partirait dans la nuit. Et je vois des escargots glisser sur le sol humide. Le pavé immense. Les corps valeureux.
Peu importe la victoire, peut-être. Nous payons comptant le combat.
Soyons poètes. Il vaut mieux manipuler le fantasme que la vérité.
Les branches d’un peuple élevées aux cimes de leurs rêves, que ce fût pour l’instant d’un cri ou pour une vie, sont autant d’espoirs plantés sur la peau de notre quête.
L’homme seul apprend à fermer les yeux sur le monde pour qu’il apparaisse. Et l’écrivain est celui qui attend le regard venu de cette nuit, entre le silence et l’horizon, et qui tient dans sa paume la lumière du vent.
Le faisceau entre les persiennes, la poussière d’étoiles que cherchent à attraper de petites mains. De petites mains d’avant le songe, emplies d’une nuit dont l’émotion ne sait que faire. De petites mains avec à l’intérieur, les premières pousses de l’arbre de vie. L’orée de l’histoire.
Si quelque rêve venait à faire ricochet au lit de mon ruisseau, il se pourrait bien que je le suive…
08:37 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
09.05.2008
L'espoir ignoré
Pourquoi ces deux-là ?
Comment la mémoire parvient à estomper tous les visages que durant le jour elle a traversés ? Etrangère à elle-même, comme multipliée, assoiffée, sans cesse.
Pourquoi toi ?
Pourquoi toutes ces heures d’un rêve inaltérable ?
Aimer c’est peut-être ça :
L’irréel dans la bouche de l’indiscutable.
Aimer comme se battre.
L’absolu à n’en plus détacher le regard.
Tout le jour, toutes ces personnes. La révolte. Les crimes. Le rire.
Et le désir pour se cacher au revers.
Justifier la présence. L’ombre. Poursuivre la bataille.
Pour rencontrer l’espoir ignoré de la lutte.
La chorégraphie des corps qui s’espèrent danse sous la peau des inconnus.
La nuit seule est nue, pleine de l’inatteignable attente.
Et il est temps de dessiner un rêve à hauteur d’impossible.
14:00 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
03.05.2008
A fleur de lèvres
C’est du bout des lèvres que se poursuit le silence. Du bout des lèvres qu’il explore son visage. Sa bouche aveugle apprend la géographie de sa peau. La soie de sa joue. Les papillons de ses cils. Le voyage de son cou. La bouche aveugle contourne sa semblable, et sème son souffle jusqu’à ses rives. A cet instant, il n’y a plus de temps. La vie se condense entre deux peaux. Le monde s’y résume et la misère y meurt.
Sa bouche ferme ses yeux. D’un baiser clôt ses paupières comme on protège un rêve d’enfant. Il n’y a rien à l’horizon du jour. Ils le savent bien, eux qui ont tenté d’éterniser la nuit. Un baiser se pose sur un regard pour retarder demain.
Sa bouche ouvre l’attente.
12:16 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
27.04.2008
Les fleurs immédiates de la pensée
Ce que je nomme attente. C’est tout toi. Quand ta possibilité m’effleure et que me sonde l’immobilité de l’instant. J’ai sous ma peau quelque femme qui gronde, qui chantonne et qui murmure. Quelque femme qui fonde.
La lumière revient de son vieil hiver. Il y a une semaine, qui sait le temps, quelques heures peut-être, je quittais le port. Et l’indice de mes songes. Et la caresse d’un absolu.
Pour cette possibilité de toi nommée attente.
09:18 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
18.04.2008
...
Au fond du couloir de l’exil, j’entends des hommes pleurer Césaire. J’entends des hommes pleurer la poésie, une poésie, sa poésie. Le chant d’un peuple. La rumeur d’une souffrance. L’éclat de joies teintées de rouge. Les couleurs d’une histoire que l’on résume noire. Les murmures d’une union que l’on nomme lutte.
A perdre Césaire, je sens l’urgence des mots.
Le devoir d’être humble devant nos jours, d’autres sauront être fiers quand viendra la nuit.
A perdre Césaire, et à entendre ces hommes pleurer, je sens
l’absurde nécessité de vivre.
12:49 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11.04.2008
Bateau îvre
04:36 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note







