04.11.2008

La mer exilée du silence

 

 

La mer m’a enfin rejointe, dans son corset de mots.

Et je la regarde comme un inconnu. Un mystère. Un étranger. Un secret jadis chuchoté aux tempes des miroirs. A peine murmuré devenu cri, intime mise à nu. L’écriture est une énigme venue de l’enfance, du fond des âges, de l’au-delà des songes. Un rêve auquel on se donne, tout entier, au premier jour, puis de plus en plus, et qui prend forme presque sans soi.

 

Comme un amour. Auquel j’aurais offert les stances de ma solitude. Les sommeils rares, les bas filés, les bris, les sutures, le silence dans lequel tout meurt et tout s’étreint. La caresse  qui écrit la force du désir et la fragilité  des peaux.

Sur ces pages… j’ai aimé, et tremblé de ne point mourir.

 

Comme un enfant. Qui vient de moi sans m'appartenir, jamais. A mon image ressemblant, déformant, miroir intègre et océan. Chaque parcelle de sa peau, de ses pages, porte une histoire, un lieu, un temps, un regard. En lui, l’aventure se survit. Demain est hier comme mon je est votre autre.

La voix se perd en se nommant, l’inexploré reste à venir.

 

La mer m’a rejointe, et de vous y rattraper, maintenant, avec les mots de l’après, m’émeut et me borde d’un exil nouveau.

Le silence me trace et m’encre, presque malgré moi, mais avec tout ce que j’ai pu cueillir de vous aimer.

 

 

 

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Un vaste merci à Franck pour le chant de sa préface... La poésie brûle oui... Mais la tienne a réchauffé ces pages. http://franckreveur.canalblog.com/