06.11.2009

Rien de lumière

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"Il y a toujours une chose qu'on ne jette dans aucun cas. Ce n'est pas nécessairement une chose. Ce peut-être une lumière, une attente, un seul nom. Ce peut être une tache sur un mur, un arbre à la fenêtre ou même une heure particulière du jour. C'est une chose dont on s'éprend sans raison, sans besoin. C'est une fidélité silencieuse à ce qui passe et demeure. C'est un amour taciturne, immobile : il se dépose au fond de l'âme comme au fond d'un creuset. Il y laisse un rien de lumière, une poussière de ciel bleu."

 

Christian Bobin, La part manquante. p. 57

Commentaires

L'âme a un fond ? Diantre !

Ecrit par : Chr. Borhen | 07.11.2009

L'âme de fond qu'on l'appelle... C'est bien connu !
Sourire...

Ecrit par : S. | 07.11.2009

christian bobin sera invité à la grande librairie
sur la 5..
vers 9h
je vous préviens un peu tard , mais bon....

Ecrit par : jeanne | 08.11.2009

Merci Jeanne. J'ai regardé la première diffusion, jeudi soir.
Beau moment...

Ecrit par : S. | 08.11.2009

Hé vous, mais y a des beaux moments alors... chic amusons-nous, folâtrons! une tache ici, un arbre là... oh il est cinq heures moins trente, oups moins vingt-neuf pardon, je m'éprends sans raison, même pâs besoin... mais j'dis rien, je regarde fidèlement, quoi? ha oui, ce qui reste et passe. (oui enfin des fois ça passe pis des fois ça reste, et même les deux en même temps, oui c'est ça, le temps! le même temps, toujours jamais, enfin le temps qui passe et le temps qui reste à passer. La mort la mort la mort toujours recommencée comme dit l'obsédé de l'azur)

Oui, mais, bien sûr, tout ça, c'est de l'amour! ombrageux, "mais" statique... et je dis "mais", pourquoi? parce que statique ET taciturné (je participe au passé de l'adjectif là), ce n'est que trop vrai. Ha les mots, on peut leur faire dire tout et son contraire! Reste que la vérité qu'ils contiennent, ce qui se dépose là où dit le monsieur, c'est la petite tâche originelle que chacun s'astique et déballe à la moindre occasion. La vérité de cette petite chose de rien qui passe et qui attache c'est la croyance en sa propre éternité avec plein de poussière de ciel bleu pour cacher l'infantilisme de ce désir. Passé douze ans j'avais des copains qui jouaient à Kent, ça continue de me sidérer avec Bobin, qu'on devrait appelé la bobine pour le coup... et qui vous embobine ma chère. Ne soyez pas si naïve sacrebleu, et pardonnez-moi si j'ai taciturné l'ambiance joviale et calambourienne qui règne sur les commentaires de ce texte qui n'est dieu merci pas de vous.

(rassurez-moi quand même, puisque je vous aime)

Ecrit par : Fodio | 08.11.2009

Je lis, traduis, comprends, admets.
Chacun ses gardes fous n'est-ce pas... ?

Mais je tiens à ma naïveté, ce lèg de l'enfance qui m'offre encore, je crois, l'espoir d'aimer, d'écrire,
de vivre en somme.

Ecrit par : S. | 08.11.2009

j'y tiens plus que vous-même à votre innocence, croyez-moi! Que serions nous sans cet espoir?

Ecrit par : Fodio | 08.11.2009

(...)

Ecrit par : S. | 08.11.2009

Écouter, s'offrir avec des mots, écouter encore, se taire et souffrir encore... et aimer toujours.

Wohoh! on dirait du Bobin.

Ecrit par : Fodio | 08.11.2009

Les mots sont les garde -fous ou garde- folles de nos incomplétudes et pourquoi pas ceux de Bobin qui regarde mourir ses fleurs preuve de son existence...J'ai compris que ce n'était pas le regard porté par Fodio.
Bien à vous

Ecrit par : virtuelle | 09.11.2009

lumineux Bobin, merci !

Ecrit par : Ray | 10.11.2009

Quelque soit le regard, l’essentiel n’est pas de voir mais d’être dans ce que l’on ressent en voyant.

« Souvent, l'essentiel nous tombe dessus comme une chape, vous colle à la peau, vous clame qu'écrire est d'une gravité extrême et d'un dérisoire absolu. Selon mon vœu : j'aurai écrit quelques pages puis j'aurai disparu dans l'invisible, habitant en retrait, dans une campagne perdue, loin de tout et de tous, regardant glisser les jours puis allant voir à l'étranger, de temps à autre, si j'y suis. J'aime franchir des frontières car le monde est une terre sans clôtures. Cela se lit partout, sur tous les visages, dans chaque pli d'un regard.
J'écris sur la table de la cuisine de la femme silencieuse, face à la fenêtre donnant sur l'étroit jardin. J'entends les oiseaux, je vois le soleil ou les gouttes de pluie ruisselant sur les feuilles. Cela me suffit. Voir des feuilles pleurer de joie me suffit. »

Joël Vernet - Celle qui n'a pas de mots

Ecrit par : B. | 10.11.2009

Très bel extrait... Titre attirant... Je me renseignerai sur l'auteur, merci B.

Ecrit par : S. | 11.11.2009

ben moi quand il pleut y a pas de piafs, tous qu'ils sont à se garder des larmes du ciel, y a guère que les canards à claquer du bec et les coins-coins qu'ils poussent deviennent vite des quoique! évidemment, des feuilles qui pleurent? quoique, des feuilles de papier...
pour ce qui est de franchir les frontières d'un monde sans clôtures, c'est pas très réaliste. suffit de vouloir passer Shengen depuis l'Ukraine avec un passeport ukrainien bien entendu. Quant à la ferme perdue ou glisse les jours sans espoir de s'aller promener ne serait-ce qu'en Italie, parce que l'Italie quand même, c'est pas la France mais c'est pas la bulgarie, non plus. Alors cessons de juger celui qui juge qui juge qui juge, Calice de ciboire d'hostie de tabernâk! Alors que la réalité est assez condamnante et condamnable sans le bandeau rasable de la poésie facile.

Un extrait peut-être pour vous montrer et à B une poésie plus difficile, prose ou vers libre, forme assez identique à celle du sieur Vernet et finalement méritante à coller au plus près de la prose, dans la lignée du Baudelaire au sortir de ses fleurs du mal période sonnets. regardez:

Ecrit par : Fodio | 11.11.2009

*

L'Alighieri au Paradis

Rejoint sa dame qui est au Ciel.

Mânes d'Hitler se sont changées en glands

De la Forêt Noire

Dont les sangliers se régalent.

Mais où va l'âme du mythomane

Taillée dans du drap bleu denim ?

(Toute âme a la forme d'un vêtement, raison pourquoi l'art grec est nu.)

*

Par-delà tous les cercles privés de la raison,

Aristote va se fondre dans la sphère

De la matière.

Mais où s'en vont les bourgeois mythomanes,

Là-dessus j'ai mon idée :

Il n'est pas exclu qu'ils se métamorphosent en gaz

D'échappement.


http://lapinos.hautetfort.com/

Ecrit par : Fodio | 11.11.2009

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