11.10.2009
Deux heures et des poussières

A constater l'ampleur du vide et du silence... à nous voir manquer, et fléchir, nous abîmer. A éprouver nos attentes jamais comblées, nos espoirs trompés, nos ombres trahies de lumière.
On se demande toujours où ça va, tout ça. Le défilé des heures, pourquoi ? Le germe des crépuscules, comment ? Et avec quelle ration de doutes appréhender l'histoire? Quand nous avons pour provisions, des souvenirs que nous ne savons plus lire et ces quelques sillons semant nos trames au coin des yeux teintés de ciel.
A nous reprendre et à goûter la sève des rencontres qui chaque jour ajoute aux rameaux de nos êtres. A battre de plus en plus vite, à cogner, là au creux de soi, le pouls d'une destinée quand nous n'avons que l'âge de nos hasards.
A nous composer de rêves et d'appas. Quand dans tes yeux, j'ai vu des mirages. Quand à tes lèvres, j'ai tenté l'impossible. Quand tout toi m'éternisait.
Parce qu’il est un moment où le corps de l’autre fait exister le notre un peu plus. Où disant oui à ce rêve on dit oui à tous les rêves du monde. Ceux des errants, ceux des nomades et ceux des désespérés. On s’en souvient. On a frémi, on a tremblé, et puis on a souri. Quelque chose du temps des hommes s’est arrêté.
A murmurer. A écrire. A s’enlacer. A choisir. A s’éprendre. A repenser l’amour : cette part d’âme rescapée de notre solitude.
Deux heures et des poussières.
A contempler la nuit emmêlée de lune, et mes yeux parmi des kyrielles,
A choisir de vivre par utopie.
11:10 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note



Commentaires
Cette inspiration, qui puise dans l'éternel questionnement de notre raison d'être, se donne à lui-même sa réponse : ce vide en soi, condamné à rester creux et vain par soi seul, et qui trouve tant à s'emplir au feu des autres.
Des autres... De l'autre, plutôt, unique et rare, quand il nous éclaire de son âme et prend, en cadeau, les lueurs de la nôtre. Ces rencontres, qui ne sauraient être, quoique nous le désirions peut-être plus fort que tout, notre lot quotidien. Mais puisque, à la rareté, se greffe la valeur, voilà au moins de quoi faire un lot de consolation...
Ecrit par : Bifane | 13.10.2009
Des remous au creux de l'estomac, des tremblements au bord des cils, combien de respirations, de visages, d'histoires contenus en ces lignes...
Ecrit par : complexus | 14.10.2009
ah oui, et Eddie Vedder pour le clin d'oeil, adepte de la première heure pearl jam'ienne... ;-) Quant au film, pfiou... n'est-ce pas ?!
Ecrit par : complexus | 14.10.2009
Merci pour tant d'émotions. Une vraie magie.
Ecrit par : bozoun | 14.10.2009
Bifane... Comme vous parlez bien de cet Autre, unique et rare.
Comme est belle votre sensibilité...
Complexus... Merci. Nous sommes de la même émotion, je crois, aux textes de l'autre.
J'ai voulais justement mettre Eddie Veder, Rise en musique de fond, manque de temps.
Pour ce qui est du film... Oui, Pfiou... Une magestueuse claque...
Une empreinte rare.
Bozoun, Merci.
Ecrit par : S. | 17.10.2009
A choisir de vivre par utopie... que ces quelques mots contiennent tant de choses ! j'en aime l'idée.
Ecrit par : Melenea | 28.10.2009
Un choix pas si facile à honorer, finalement.
Merci melenea.
Ecrit par : S. | 01.11.2009
Vivre par utopie, c'est peut-être vivre dans autre chose que l'espace qui nous entoure. Peut-être dans un autre temps, le souvenir, mais comme c'est impossible bien sûr, est-ce que ce ne serait pas vivre aussi dans l'écriture de ce temps là ? Puisqu'on ne peut plus le lire...
Ecrit par : L'Anonyme | 14.11.2009
des heures qu'on voudrait qui durent des siècles pour remplir notre âme à jamais
Ecrit par : langlais | 21.11.2009
Ecrire un commentaire