04.10.2009
La présence humble
A offrir, nous n’avons que des gestes et des mots.
Des restes de peau et de langage.
Voilà l’infime empire porté au creux des chairs humaines.
Plus près du soleil, le sommet de notre impuissance nous apprendra à respirer plus grand.
L’érosion du ciel rappellera nos plaies.
Rester debout, même abîmé, c’est encore accepter de vivre.
Il n’y a que l’humilité des montagnes, de l’art, ou des océans pour nous consoler de notre insolence.
L’hypothèse poétique pour preuve d’une aventure commune.
L’austère beauté qui nous apprend à mourir sans renoncer.
Nous oeuvrerons de nos faiblesses pour bâtir l’invincible.
Nous reprendrons là où nous les avions oubliées, nos âmes mitoyennes.
(...)
La terre que nous aimons est la même qui nous enfouit.
Réversible désir.
Pour autant rien n’est inconsolable.
Sinon la guerre, sinon la barbarie.
Ce par quoi nous abolissons ce qui nous rassemble.
Avec le meurtre et l’indifférence pour dernière lâchetés.
Pourfendeurs, brigands, assassins de leur propre lignée.
Oublieux du songe qui les a fait naître.
Conquérants d’hier, notables d’aujourd’hui, sciez la branche de votre propre squelette.
Bientôt vous serez sans sève, sans grâce et sans racine.
Possesseurs d’aucune quête.
Et nous vous abandonnerons l’orgueil même de vous en avoir averti…
15:36 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



Commentaires
Combien de fois ai-je traversé tes mots comme quelque salle aux trésors ou je ne sais quelle galerie des merveilles ? Je ne saurais plus dire : j'en ai perdu le compte, si jamais je l'ai tenu...
J'aime infiniment cette humilité qui transpire toujours de tes créations. Elles ont pourtant une si belle noblesse, une si troublante humanité ! Et même dans la récrimination, même dans le ton comminatoire qu'on trouve dans celui-ci, la menace reste magnanime, qui se place au-delà du petit réglement de compte, et dit simplement les choses pour ce qu'elles sont, montre le mal tel qu'il est, et les suites inévitables qu'il entraîne à l'évidence.
Ta plume est celle d'un oeil qui voit, d'une âme qui cherche et fouille l'existence. Et c'est précieux à lire et à entendre, comme le sont les choses essentielles.
Merci pour ce plaisir.
Ecrit par : Bifane | 05.10.2009
Je rejoins Bifane sur le reflet qu'elle te fait de ces sentences ouvertes, qui n'ont pour armes que l'évidence poétique, la désarmante beauté, l'humaine profondeur... et l'on regrette encore une fois qu'il soit possible de les oublier. Paroles essentielles.
Ecrit par : complexus | 08.10.2009
A vous deux,
Comme vos mots me touchent... En plein la cible de mon coeur.
Si quelque chose d'une humanité transpire (et sue, et tremble, et pleure) dans les textes ici partagés, le but (si tant est qu'il y en ait un) est atteint.
En tout cas, celui d'un pacte tu, de moi à moi.
Alors, merci, vraiment merci.
Ecrit par : S. | 10.10.2009
tes mots nous touchent au plus profond de l'être
cette sensibilité poétique et ce verbe si bien mené me laisse envieux de ne pouvoir atteindre cette maîtrise mais point désespéré.
Tu coures dans la cour des grands de la poésie je n'en suis qu'aux balbutiements mais nous avons en commun la même analyse, enfin je crois on ne peux parler que pour soi.
amicalement
Ecrit par : langlais | 23.11.2009
Pardon langlais de ne pas vous avoir répondu plus tôt. Pourtant, vos commentaires, ici et là m'ont beaucoup touchée.
Néanmoins, non, je ne joue pas dans la cour des grands... dire que j'ai gardé un pieds dans la cour des tout petits, ça oui.
Nous écrivons quelque part dans le ciel de nos vieilles marelles...
Merci à vous,
Sincèrement.
Ecrit par : S. | 24.11.2009
"Nous écrivons quelque part dans le ciel de nos vieilles marelles..."
Mais vous écrivez et nous entendons ce que vous dites. C'est l'essentiel, non?
Ecrit par : Feuilly | 29.11.2009
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