22.09.2009

Nos ailes d'anges

Les ailes-du-desir.jpg



Il y a du jeu entre les désirs, de l’espace, une place à prendre qui n’existe pas. Des morceaux d’êtres éparpillés sur la toile du monde, des bribes de temps, des tranches de cœur, l’humanité discontinue de nos substances.

Chacun est là, à essayer de combler sa part manquante, quand partout autour de la plaie, inconsolables, débordent les solitudes.

 

Je n’ai jamais écrit que pour ça, donner du poids aux heures, une matière à nos ailes d’anges.

Traverser le silence jusqu’à cet endroit précis, fébrile, où dans les mots, où dans l’amour, où dans l’enfance, vivre est possible.

 

Commentaires

Traverser le silence... n'est-ce pas ce que nous tentons de faire en tissant ces réseaux de textes sur la toile ?

De très belles images( l'endroit fébrile...des morceaux d'êtres éparpillés sur la toile...) et la part manquante n'est pas sans évoquer celle de Christian Bobin, véritable maître dans l'art de transcrire cette lumière si particulière du silence.

Ecrit par : elvys | 22.09.2009

Ecrire
pour écouter le lecteur se dire
à travers les mots que nous offrons
écrire
combler...

Ecrit par : Viviane | 22.09.2009

Oui, des bribes de majuscules cherchent le bon caractère sur nos êtres de solitude fossilisée. Ecrire pour devenir sourcier, pour s’attarder à l’embarras de nos failles à jamais vides, à jamais pleines de la vie qu’on y fait naître.

« On ouvre des portes, une à une. La distance qui sépare une porte de la suivante, on met des mois à la franchir, parfois des années. On est sans impatience. On va d'un pas égal, ni trop lent, ni trop pressé. La main sur la poignée tremble à peine. Dans une pièce il y a un cerisier en fleur. Dans une autre trois flocons de neige. Dans une autre encore une chaise de lumière. On reste sur le seuil, on s'efface contre la porte. On laisse entrer ce qui est bien plus grand que soi - on laisse aller le ciel auprès du cerisier, l'enfance courir jusqu'à la neige, l'ombre s'asseoir sur la petite chaise. Et puis on repart ouvrir d'autres portes, un peu plus loin. C'est une activité somnambule, faussement calme, à peine consciente. On appelle ça : écrire. »
- Christian Bobin -

Ecrit par : B. | 22.09.2009

Par ricochet me fait penser: Où le sens de vivre n'est plus entamé en son coeur, ou bien s'il l'est, chaque mot semble vouloir combler la carence survenue, d'instant en instant,vainement et essentiellement... Tu souscrits ?

(je note Wenders en contrepoint, sublime)

Ecrit par : complexus | 23.09.2009

Bobin est parmi nous... un bémol, il est parfois accompagné de Dieu témoin de ses interrogations.

Ecrit par : virtuelle | 23.09.2009

"der Himmel über Berlin" , les ailes du désir

tenter de combler sa part manquante... jusqu'à ce qu'un jour, l'on découvre l'ivresse de l'incomplétude... peut-être

Désirer, toujours, sans fin, parce que mon manque est là, et que l'autre est toujours manquant.
Mais vivre, encore.

Ecrit par : erellwenn | 23.09.2009

Nos ailes d'ange ... nos ailes du désir... nos ailes disparaissent ... naissance de nos désirs

Tout cela est si beau... merci

Ecrit par : Maria-D | 24.09.2009

Je souscris, oui…

A chacun de ces mots,
Ces traversées du silence,
Vos parts manquantes,
Les ailes de vos désirs,
Nos vies à continuer de faire naître…

Merci.

Ecrit par : S. | 27.09.2009

Je découvre ton blog et il me plaît beaucoup.
Les ailes du désir est un des films qui m'a le plus marquée et je trouve que ton texte va à merveille avec lui.

Ecrit par : anne veillac | 11.10.2009

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