08.09.2009

L'antre

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Notre colère nous suit dans nos exils, ombre fidèle, ingrate et fière, chienne domestiquée juste ce qu’il faut, mi fugue- mi raison,

Je veux la laisser ici, mourir dans les éternités bleues.

 

Puisse l’océan me dépeupler de mes souvenirs… la vague reprendre ses serments et abdiquer devant la splendeur du monde nu.

La tristesse est un sentiment prétentieux qu’il nous faut assoupir dans les bras de l’amour…

 

Ici, les traces du temps enseveliront nos deuils.

Ici, demain demeure un péril. Mais se heurte à ce qui le dépasse, à ce qui le submerge.

La tempête ; l’écume d’argent jetée contre la grève, et mon silence en éclats contre l’empreinte de granit.

Le doute et l’orgueil battus par la démesure des horizons.

 

Ici,

L’homme n’a plus qu’à se rendre…

Et peut enfin sourire d’être vain.

Commentaires

Subtil !

Ecrit par : B. | 08.09.2009

Encore, si la colère n'était attachée qu'à nos souvenirs. Mais ils ne sont que son berceau, et même le berceau brisé, elle continue de vivre...
C'est dans le sang, dans les profondeurs d'âme qu'elle se terre. Silencieuse, oui, tenue en laisse, certainement, mais toujours prête à s'échapper, à bondir hors de sa cage.
C'est un sentiment dont on doit avoir peur quand on le porte en soi, car il peut toujours s'exprimer, et son expression est dangereuse...
Comme toujours, tu trouves des mots uniques pour l'exprimer, dont on sent dès la lecture le cheminement en soi...

Ecrit par : Bifane | 09.09.2009

"sourire d'être vain", instant de grâce, accueil ultime !
"mi fugue mi raison" devant la colère, comme c'est... subtile, oui...

Ecrit par : complexus | 09.09.2009

"L’homme n’a plus qu’à se rendre"… à l'évidence
et rester en éveil, le regard tourné vers l'horizon, ligne de vie aux points attachés de l'existence.... avant d'affirmer la fin de son combat.

Ecrit par : virtuelle | 09.09.2009

La tristesse... un sentiment prétentieux ?
Il faut que j'y réfléchisse.

Ecrit par : Mû | 11.09.2009

Merci B.

Oui Bifane, "même le berceau brisé, elle continue de vivre... " et il serait bien illusoire de la vouloir disparaître. A peine, peut-être, la maîtriser. Merci, pour tes mots.

Sourire très complice, Complexus.

Virtuelle, j'espère pourtant la fin du combat lointaine.
Cela se nomme Vivre.

Je continue d'y réflechir avec toi.

Ecrit par : S. | 11.09.2009

Lire ... et se taire ... lire et se dire : c'est très beau

Ecrit par : Maria-D | 11.09.2009

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