04.07.2009

L’évidence de l’autre

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Et il me demandait ce que je faisais là. Pourquoi ma présence auprès d’êtres fragiles.

Et je m'engageais de mon silence pour seule réponse à l'évidence de l'autre...

 

Ce que je faisais là ? Qu’aurais-je fait ailleurs ?

Quand m’éloigner eût été participer de cette incohérence du monde.

Quand tourner les talons serait revenu chaque aube à déposer une gerbe de plus sur le marbre de l’humain.

On eut pu croire que je choisissais la mort, le chagrin, l’anomie, quand j’élisais la vie, envers et contre, tout contre.

Par-dessus tout.

Au-delà des lois (l’argument vous aurait déplu), en toute empathie (la méthode vous aurait froissé).

 

Hier j’aurais parlé d’injustice.

Aujourd’hui de responsabilité.

Responsable d’être, d’avoir signé le pacte de l’existence, yeux grand ouverts, garante du pire comme du meilleur.

 

Car j’ai tué Dieu. Et les présages, et les gris gris, et les promesses et tous les tocs, mes prières enfantines.

Car j’ai pour bible tous les romans de la terre, tous les visages et tous les peuples, et pour versets tous ces dialogues qui jour après jour me font comprendre que le mystère est ici-bas, la seule foi qui me convienne.

Car ce chemin là est comme écrire. Il cherche, il tâtonne, il doute.

La main qui se tend palpe des ombres dans le noir. Comme l’enfant, sans cesse, elle questionne, interroge et séduit le monde.

Car j’ai tué l’après. L’au-delà. Les lendemains de cette vie.

Et qu’il ne me reste qu’elle, pour un temps, le mien, cet infime.

 

J’étais auprès des hommes. A ma place. Dans cet interstice, où s’immiscent des regards, des paroles, des silhouettes, des histoires.

Dans l’interlude du lien qui seul me dénoue. Dans l’énigme de l’autre qui seule me résout.

J’étais auprès des hommes. C’était simple et c’était tout.

 

 

Au plus proche du fragile qui seul m’émeut.

Car ce qui est fort ici bas ne trompe que des leurres.

Une apparence est forte. Un mensonge. Une stratégie. Le pouvoir est fort.

Mais l’émotion est vulnérable. La blessure, l’amour, la cime des arbres léguée au vent, le corps des hommes abandonné aux femmes.

 

Et moi-même qui n’ai que ma fragilité pour vous défendre.

Et la mœlle de ce silence pour seule répons à l’évidence de l’autre.

 

Commentaires

Et l'Autre est un Je...

Ecrit par : Chr. Borhen | 04.07.2009

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