15.06.2009

Trace

DSCF5455.jpg

 

 

La vie n’est que de se brûler les ailes. Sans quoi jamais nous ne volerions.

A l’autre, on prête ses serments, son ombre intime, sa solitude, cette nudité silencieuse qui nous fait hommes. A l’autre, on lègue cette chair transparente, mince comme du papier de soie, fragile comme un pétale, au travers de laquelle se dévoile le soleil et se révèle la nuit.

Elle est lumineuse l’histoire qui s’écrit entre deux être. Jusque là, elle n’existait pas, rien, pas même un soupçon, c’était un autre récit. Puis elle arrive et œuvre, s’empare de tout, pas un recoin qui ne respire sa trace.

Le plus dur est qu’elle reparte de même. Sans la trace.

Histoire d’amour, histoire de vie.

Je reste vois-tu sur la lande, à regarder se noyer le soleil, et je me demande encore si vivre sans toi c’est mourir un peu ou bien apprendre à vivre avec la mort : cet amour qui nous échappe et nous emplit…

Commentaires

.....

Ecrit par : balou | 15.06.2009

Je me pose la même question. Je ne crois pas que j'y répondrai un jour.

Ecrit par : Mû | 15.06.2009

Peut être un peu des deux, et qu'on meurt un peu quant on apprend ; apprendre n'est ce pas perdre quelque chose, ne serait-ce l'innocence d'avant ?

Ecrit par : Gabrielle | 15.06.2009

Balou... Des pointillés, comme un silence qui aurait trop à dire... Comme une trace...
"Je reconnais ta voix au toucher..."

Mû... Je ne crois pas non plus y répondre un jour. Il faut face à certaines questions, apprendre l'humilité de ne pas savoir.

Gabrielle... Voilà, c'est ce que j'écrivais à Mû.
Je pense à ces mots de Christian Bobin, lus ces jours derniers dans La plus que vive :

"La réponse, tu l'as. La réponse, chacun la sait. La réponse c'est de maintenir tout le temps de sa vie l'inquiétude de la question, la réponse c'est de ne pas répondre et demeurer éternellement à l'intérieur de la question, dansante, riante..."

Ecrit par : S. | 16.06.2009

J'avais lu un jour, je ne sais où ni chez qui, que grandir, c'est apprendre à grelotter seul... Fut un temps où cette notion m'était encore étrangère, sans doute n'avais-je pas assez grandi. Puis le temps nous enseigne, et ces êtres que nous y perdons, précieux au-delà de ce que les mots pourraient dire, nous laissent en effet comme nus face au monde, et de moins en moins capables de l'aborder avec cette insouciance qui était peut-être puissance, mais n'était pas, de toute évidence, richesse.
Et puis cette richesse, belle encore, toujours et même après, paradoxale aussi, de ce qu'elle provient davantage de ce que nous avons donné et de l'humilité que nous avons mis à prendre, que des pauvres acquis matériels qui, au fil des saisons, montrent leur trame vaine et stérile.
Il se peut que nous mourions seuls, il se peut que nous ayons vécu le plus clair du temps seuls, mais pour ces rares éclats, ces miracles vivants issus de nos rencontres les plus belles, ces brûlures du sentiment absolu d'amour, nous mourrons pourtant riches, ne serait-ce que de ces perles dont nous aurons su apprécier la grâce...
Il ne faut pas craindre la blessure, car c'est elle qui témoigne du vivant.

Ecrit par : Bifane | 16.06.2009

"Elle est lumineuse l’histoire qui s’écrit entre deux être." ...et la trace qu'elle laisse une lumière dans le noir...

Encore une belle émotion ici à ce jour... merci

Ecrit par : Maria-D | 18.06.2009

"Il ne faut pas craindre la blessure."
"cette nudité silencieuse qui nous fait hommes."

Hic et nunc les mots me font souffrir. :

"cette nudité silencieuse qui nous fait hommes."
"Il ne faut pas craindre la blessure."

Ecrit par : michel, à franquevaux | 19.06.2009

Bifane... Grandir, apprendre à grelotter seul, oui.
J'ai lu et relu votre commentaire, dans lequel je me retrouve, mot pour mot.
Merci de lire ainsi, et de prendre le temps du partage.
J'aime vous voir ici.

Maria... La trace oui, toujours la trace. D'ombres et de lumière.
Merci.

Michel... Je lis, relis, dans les deux sens, ces mots lourds comme du bronze.
"il défait le ciel bleu, il décrit les erreurs, il a rayé le jour, il a signé la nuit, il recommence et se pardonne..."
Autrement dit.

Ecrit par : S. | 19.06.2009

Entends l'instantané
du plaisir que nous offre
notre rencontre !
De Part et d'autre
L'émotion naît ....
D'un manque à combler
humainement !
Tu as faim froid soif ?
Je Me donne sans compter
si tu es rassasié !
j'aurai su t'aimer !

C'est aller l'Un l'Autre .

Ecrit par : marietipi | 30.06.2009

Ecrire un commentaire