25.04.2009
NoteS d'Ex-île (5)

Si j’étais cette femme que je muselle j’écrirais le roman que j’ai depuis toi sur le bout de la langue. J’escorterais l’amertume de ma parole dans un silence relié d'espoirs. Nous nous ferions mots, pages, volcan, langage. J’écrirais dans ton regard, j’écrirais de tes rêves, j’écrirais pour ton enfance, avec tes yeux, avec ta sève.
Tu recevrais ces lettres ardentes qui peuplent mon corps de ton absence. Ces lettres que ma mélancolie, par dizaines, lègue à l’océan.
Cette bouteille à la mer, réengendrée de songes.
Si j’étais cette femme que je réprime, je t’enverrais d’ici un faire part, tes mains dans un tremblement, le décachetteraient fébriles, un mot puis l’autre, je te convierais dans cette chapelle blanche suspendue près des cieux, je te demanderais ta main, ta présence serait ma réponse.
Si j’étais cette femme que je muselle, je scellerais tes songes et mes paupières, pour que revienne le temps de rêver à deux. Je saurais te montrer l’horizon d’où nous naquîmes, l’évidence que le temps croit user: notre amour.
Ta présence a toujours été ma réponse…
09:05 Publié dans Ile en Elle | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note



Commentaires
Parfum de rêves impossibles, éteints s'ils furent jamais allumés, trop loin si l'on reprit la route sans éteindre le feu... D'ailleurs les feux, souvent, paraissent éteints, et il suffit d'un rien pour les ranimer. C'est que la braise, longtemps, reste chaude...
Ecrit par : Bifane | 25.04.2009
"Nous nous ferions mots, pages, volcan, langage", écrivez-vous. Bien.
Cela étant, j'ai toujours pensé que le volcan est le contraire absolu du langage, c'est-à-dire de l'articulation, de la stratégie, de la séduction. Mais bon...
Ecrit par : Chr. Borhen | 25.04.2009
Chr... Je n'ai pas d'avis arrêté ni de définition claire de ce qu'est le langage... Il oscille selon et avec moi. Tantôt posé, articulé comme vous dites. Tantôt débordant, affluant, proche de l'irruption.
D'autant plus lorsqu'il s'agit de mots d'amour...
Bifane... Si vous saviez comme votre commentaire me parle.
Merci.
Ecrit par : S. | 25.04.2009
faire durer la flamme ...car le temps....
bon dimanche à toi
Ecrit par : Bruno | 26.04.2009
Chr Bohen dit juste; Du volcan l'écrture est la lave refroidie.cultivable..
Ecrit par : )( | 26.04.2009
)( Une lave refroidie est un terreau bien dur. L’écriture est elle-même fusion désarticulée ou n’est qu’un tombeau.
Ecrit par : B. | 26.04.2009
Ne te muselle plus, ne te réprime plus....
Sourire.
Ecrit par : Mû | 26.04.2009
Vous remercie de vos passages et de vos marques...
Ecrit par : S. | 27.04.2009
Ma réponse est ta présence.
Ecrit par : Sylvaine | 27.04.2009
Terriblement séduisante cette femme empêchée, tout comme celle qui, la décrivant, s'annonce...
Ecrit par : complexus | 27.04.2009
A vous deux... De trop troublée pour vous dire.
Alors, merci de vos réponses...
Ecrit par : S. | 27.04.2009
Superbe série de textes, forts et envoûtants, merci !
Ecrit par : Ray | 28.04.2009
Voilà qui est superbe, le temps, par chance, s'acharne à vouloir effacer ce qui souvent est indélébile...
Ecrit par : stephanie gaou | 02.05.2009
Merci Ray... Touchée, je suis.
Oui Stéphanie... Heureusement (ou pas) ma mémoire est plus acharnée encore que ce têtu de temps.
Merci de vos mots.
Ecrit par : S. | 04.05.2009
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