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27.06.2008

L'investissement de ta voix

" Dans les broussailles du temps, ceux qui savent donner triomphent. Ce sont de véritables princes."

" Aimer est toujours mon possible imminent."

 

Bona Mangangu, Carnets d'ailleurs, L'Harmattan, 2008

20.06.2008

Ici ressemble à l'amour

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Ici est ce pays où l’on revient par habitude, et où l’on reste pour continuer de vivre l’exceptionnel.
C’est ce dernier mystère que réserve une vie.
Une équation sans jamais d’inconnue.
Le secret de ses rues, l’énigme de sa nuit… terre mystique… Ile.
Comme un lien qui n’a jamais eût de place ailleurs, en soi.
Quelque éternel retour à la fugacité foudroyante.


Dès le pont, retrouver les sens et l’appartenance du corps.
Quand toute vraisemblance devient désir.
Le bonheur, le regard, la voix.
La douceur ambrée du mimosa, la mosaïque impressionniste des bateaux, ces constellations du port, le rire des mouettes dans l’accent des pêcheurs.

Ici ressemble à l’amour.
Ses distances, son manque, sa symbiose.
Te transforme en te rendant à toi.
Passe du temps à recoudre les silences…
Ici les odeurs disent au regard ce qu’il faut entendre.

13.06.2008

Territoires d’eaux

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Ils marchent Ils s’aiment
Le vent gifle les vagues qui giflent les falaises
L’éternité a quelque chose à raconter aux hommes
Au-delà du mythe, le combat, l’étreinte
La tendre torpeur des îles

Et le ciel passe sereinement aux dessus de leurs ruines ...

 

08.06.2008

J'ai peur


J’ai peur.
J’ai peur de me perdre en route. Pire, de me découvrir. D’ôter le draps.
J’ai peur du sarcasme des décideurs. Du savoir des technocrates.
Des armes de ceux qui gardent la paix.
J’ai peur d’un monde sans émotion, sans autre et sans symbole. D’un monde sans nom.
Sans non.
J’ai peur des uniformes et des blasons. Et du bien, et du vrai. De la transparence des concepts. Vitres de sens. Vides.
J’ai peur des fois sans loi.
Des certitudes. Des croyances. De l’humanité encline à se leurrer. De la peur fondue dans le don. J’ai peur des hommes qu’ils portent collerette ou drapeaux noirs. Qui croient trop en Dieu. Qui croient trop en eux..
J’ai peur que la croyance de l’autre n’envahisse la mienne.
J’ai peur des lois sans foi. Des cuirassés qui gardent les portes de nos luttes. Du pouvoir de l’hirondelle sur la colombe.
De ceux qui se battent sans débattre. J’ai peur des hommes qui ne sont pas là pour parler. Du mutisme qui suffit à expliquer le drame. La folie.
Obéir plutôt que dire.
J’ai peur des foules qui allient leurs désespoirs. Du passage : du silence à l’acte.


J’ai peur de devoir être moi dans ces contradictions. Comme une enfant. Une toute petite chose. Nous ne sommes adultes qu’un temps sur deux.
J’ai peur d’être homme.
De me taire et de capituler.


Mais j'ai peur de ceux que nous serions si nous n’avions pas peur.
Et je veux de toutes mes terreurs être la femme que je deviens.

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