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03.05.2008
A fleur de lèvres
C’est du bout des lèvres que se poursuit le silence. Du bout des lèvres qu’il explore son visage. Sa bouche aveugle apprend la géographie de sa peau. La soie de sa joue. Les papillons de ses cils. Le voyage de son cou. La bouche aveugle contourne sa semblable, et sème son souffle jusqu’à ses rives. A cet instant, il n’y a plus de temps. La vie se condense entre deux peaux. Le monde s’y résume et la misère y meurt.
Sa bouche ferme ses yeux. D’un baiser clôt ses paupières comme on protège un rêve d’enfant. Il n’y a rien à l’horizon du jour. Ils le savent bien, eux qui ont tenté d’éterniser la nuit. Un baiser se pose sur un regard pour retarder demain.
Sa bouche ouvre l’attente.
12:16 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note




Commentaires
De l'intense qui se grave.
Ecrit par : Cédric | 04.05.2008
La musique des mots est de la même eau que le baiser...
Ecrit par : Ray | 05.05.2008
Somptueux.
Ecrit par : Laurent Morancé | 05.05.2008
C'est sans doute du bout de toi que ces mots s'échappent à la rencontre d'une immensité incontournable. L'attente est ouverte, oui, c'est cela, l'attente est cette voie indolente qui nous ouvre...
Ecrit par : B | 06.05.2008
Que de beaux commentaires...
Merci.
Ecrit par : S. | 06.05.2008
S, quelle belle lettre...chut!
Ecrit par : Bona | 06.05.2008
Des mots bus comme un verre de lait, si doux au palais, si doux dans la gorge qui sait
Ecrit par : lutin | 07.05.2008
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