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21.11.2007
Si demain
Et si demain c'était toi...
La nuit semblerait longue jusqu'à ta certitude.
Les heures palpiteraient au pouls de mon insomnie, creusant le temps jusqu'aux portes de la nuit. Je fortifierais mes os pour qu'ils ne tremblent pas trop de te revoir. Je bâtirais dans l'urgence un langage qui ne vacille pas comme ma poésie, je choisirais des mots de femme forte, j'abandonnerais l'oiseau fragile de mes lèvres. J'éduquerais mon corps à ton regard. J'apprivoiserais ces années de deuil pour renaître à mon histoire, comme on résilie les désastres en recréant leurs ombres. Je ferais peau neuve des anciens pleurs, page vierge des vieilles rancoeurs.
Nous aurions l'âge de nos métamorphoses.
Et si demain c'était toi...
La nuit semblerait longue jusqu’à ta promesse.
Nous renouerions nos belles ignorances, ces incertitudes de jeunesse... avant que la lucidité ne nous ploie. Nous épouserions l'inaccompli comme les artistes épousent l'inachevé. Nous ferions de nos peurs des confettis, de nos désirs des arcs en ciel qui s'échapperaient du dessin, qui se poursuivraient dans l'au-delà des cadres, dans d'au-delà des pages. Harnachée à ton regard, je te rapporterai de ces années de silence, la voix des renaissances.
Nous aurions l'âge de nos retards.
Et si demain c'était toi...
Evidemment, j'apparaîtrais en ruines. Tout ce que la nuit aura bâti d'assurances s'effondrera. Je serai immédiate, nue, pauvre et vaincue. Tu verras mes failles et mes fissures, le désert pâle installé depuis toi sous la dentelle des jours.
Tu sentiras le poids des mots, la lourdeur de l'encre sous ma peau... Ma quête, filée comme la soie des bas...
Tu sauras le sombre, l'espoir, le nivellement de l'absence, les ravins d'amours perdues installés sous mes yeux, les rêves suppliés, le renoncement des dieux.
Tu sauras la silhouette des mers bues en solitaire, le flacon vidé de mon avenir, le souffle asthmatique de ces nuits blanches passées à décliner ce et si demain c'était toi...
Evidemment, j'aurais l'âge de mon attente.
15:05 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Depuis quelques temps, à mes heures perdues, je viens vous rendre visite sur votre magnifique blog, à la prose merveilleuse. J'adore vos écrits où transpire l'expression d'une âme empreint de poésie. Ce qui vit à travers vos mots m'émeut. Je n'ai pas lu toutes vos publications, mais pour le peu que j'ai parcouru j'ai été séduit.
Que dire de plus?... Superbe!
Bonne continuation.
Cordialement.
Ecrit par : Cyrius | 24.11.2007
Cyrius... Merci. Vos mots me touchent, évidemment.
Que dire de plus ? Sinon que je ne sais dire.
A bientôt de vous relire, à nos prochaines heures perdues...
Ecrit par : S. | 25.11.2007
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