04.11.2006
Silencio
Le silence d’amour se dit les yeux fermés.Les lèvres mi-closes sur un soupir du vent, et les mains au ventre, sur la chaleur des origines. Le silence d’amour court dans la nuit, à perdre haleine, derrière l’argile du jour vieillissant. Se dit sous les soleils urbains, lampadaires où naissent les chiens, et se tue dans un dernier baiser, arraché à la sueur des trottoirs. Ou sur la route d’une ivresse, quand lumineux, l’être rejoint ses rêves.
Le silence d’amour n’a pas d’âge ni d’époque, il n’a que l’éternité de l’instant, fondue dans nos mémoires.
Il n’attend rien du lendemain, il n’est pas encore histoire, il n’inscrit ni ne promet, flotte seulement comme flottent les oiseaux et planent les voiliers. Il n’a peur de rien. La crainte naît avec les mots, dans la bouche frileuse qui s’apprête à fixer le monde.
Le silence d’amour ne fixe rien d’autre qu’un temps suspendu, qui ne connaît ni vieillissement ni mort, un temps aphasique porté dans le ventre de l’émotion.
Le temps d’aimer.
22:00 Publié dans Murmures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Joliment dit !
Écrit par : Frenchbluefish | 04.11.2006
Les textes parlent entre eux, bien au-delà de ceux qui les écrivent. L'écho des mots reste un vrai mystère... c'est cela que j'appelle "tinter". On ne sait s'il y a une signification suplémentaire...et pourtant on veut y croire...
Écrit par : Franck | 05.11.2006
Une émotion très profonde ressentie à ce texte, merci pour ces mots d'amour, mais chut!!!
Écrit par : gl | 13.11.2006
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